Archives des catégories : Poésie
2 juillet
douleur ce futta mère attentionnée c’est aujourd’huita compagne fidèle ou est-ce toiqui ne saispartir |
à la démesurede l’attachementaux catastrophes |
30 juin
les injures que se font ordinairement les humains les uns aux autres n’avaient pas empiré, peut-être même mourait-on moins sous les coups que jadis, mais on n’avait plus de sol, et ceux qui quittaient ce qui avait été leur terre n’étaient que de peu en avance sur ceux qui s’efforçaient de croire qu’ils vivaient encore sur la leur
et de n’avoir plus de sol rendait chacun, pour peu qu’il n’eût pas endormi sa pensée croyant la sauver du tranchant de la conscience, plus proche de son extrême fragilité, de sa fissure fondamentale, de sa condition oubliée de nomade et d’errant
et de n’avoir plus de sol s’offrait, peut-être, comme un lien nouveau entre les humains, un prochain horizon de partage, un rien commun
29 juin
| accablés d’occupations quotidiennes qu’ils n’avaient pour la plupart pas choisies et dont la nécessité parfois leur semblait douteuse ou dont il leur arrivait même de penser fugitivement qu’elles les soumettaient comme on dit d’une armée d’occupation, sans que pour autant ils prissent le risque de s’en libérer, figés qu’ils étaient dans la graisse de l’habitude et de la résignation, plus rien de joyeux ne leur venait, rien de léger, pas un coquelicot, pas un papillon, pas un merle n’égayait plus ce qu’il leur restait de paysage |
du grand poème fracassé se couper aux tessons |
27 juin
| rien d’autre ici qu’un art
poétique accru chaque matin dès avant l’aube du petit peuple désespoir ou joie selon qui le premier se lève et se présente à qui dit je rien qui n’est pas rien qu’un art de vivre poétique et de mourir sur le bûcher de quelques mots liés en fagots
stancesrésistancequotidienneà l’effacementdes vivants
dans la cabaneà l’abri àl’affût |
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25 juin
mon argile est mon argile et mon airain
mais mon argile dis-tu
au quotidien jamais ne m’abandonne
m’efforce résiste et me fends
ta langue n’a pas d’autre issue
24 juin
| dix à vingt mots tramés avec application suffisaient à produire ce soulagement pareil à celui qui naît de l’atténuation d’une douleur, de l’apaisement d’une démangeaison, de la distraction d’un souci ou peut-être plus exactement encore de l’acquiescement à une peine — aussi pourquoi dire davantage puisque le silence, à nouveau, devenait habitable |
la chaleur la basse continue mes rêveries où bâillent des robes la mélodie |
10 juin
| et dans les verticales invisibles des sentiments | ||
| à l’arrêt
avant la coulée se tient la possibilité de rien ou du poème une envolée parfois suivie d’un coup de feu |
ce qui me tient à cœur lorsque je lis, ce n’est pas de comprendre et d’ailleurs, souvent, je me satisfais très bien d’une certaine bêtise, mais d’être à l’écoute des mots que touchent et réveillent en moi ceux que je lis, un peu comme il arrive dans des contes, qu’un personnage par un baiser en ranime un autre, tombé depuis longtemps sous l’effet d’un mauvais sort en léthargie : alors, lire ne compte plus, seul écrire importe |
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21 juin
De côté
et partout mener grand dire pour
l’invisible entrevoir éclairer
le passé déchaîner le regard
pour le monstre le réfléchir
pour catapenser la strophe
nommer le noir à
l’enfant le bleu verser l’amour le
délester déposer dans le
cercueil le corps aimé détesté
illuminer de l’intérieur
le ventre et rendre
à ceux qui se noient
la mer même
respirable
20 juin
De côté
noue la douleur au cou de la joie
comme ferais d’une cravate en soie
mais tant que peux serre penche-toi
et par l’ouverture vois vois vois
