16 novembre

et se pressaient alors à la gloire d’un instant les traceurs de routes désertes les bâtisseurs de maisons vides les planteurs d’arbres sans ombre comme des fourmis au cadavre d’un lézard vert

se pressaient au baiser de la vie à la mort avidement presque avec joie j’en étais petit poète cumulatif au souffle bref je prenais mon tour que je comme les autres pensais mon dû mon tant attendu

et les nombreux les innombrables les dans le nombre engloutis les n’ayant jamais su compter sur les doigts de leurs mains ni sur le reste d’eux-mêmes avec moi se pressaient se poussaient

se montaient disons-le dessus les poissonneux la bouche obscure ouverte à la lumière à la justice à l’amour à la minute de gloire mais pas mais surtout pas à l’hameçon déchirant de la vérité

13 octobre

trouver

seulement en regardant les arbres

(un seul suffit)

la décompagnie des humains

le temps déperdu

ce blog en équilibre au bord de se dédire de la promesse de vous trouver lectrice et lecteur presque au bout de verser la poésie dans l’art solitaire de vivre l’acte inconnu de résistance l’exil volontaire et ce langage que ne partagent pas même les oiseaux le silence seulement

15 septembre

aller et la nuit tandis qu’au rythme brutal de la musique on jette la lune par la fenêtre et qu’elle fait en touchant le ciel un bruit de verre brisé tu retrouves ta jeunesse celle du temps où la mort n’avait pas fait dans ta pensée ce large frayage et tu danses léger comme un oiseau dans le feuillage du regard de ton aimée mais voici que le jour arrose les platanes horizontalement de son or pâle mêlé de bleu et qu’à tes bras en croix pendent les fruits des ans seul tu ne peux les cueillir  

 

 

 

 

 

 

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