15 septembre

aller et la nuit tandis qu’au rythme brutal de la musique on jette la lune par la fenêtre et qu’elle fait en touchant le ciel un bruit de verre brisé tu retrouves ta jeunesse celle du temps où la mort n’avait pas fait dans ta pensée ce large frayage et tu danses léger comme un oiseau dans le feuillage du regard de ton aimée mais voici que le jour arrose les platanes horizontalement de son or pâle mêlé de bleu et qu’à tes bras en croix pendent les fruits des ans seul tu ne peux les cueillir  

 

 

 

 

 

 

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11 septembre

sortir du ventre de la nuit plié

en bandelettes la pensée

à la fenêtre vérifier

que le feuillage des platanes de toujours est là

qui tripote la lumière des réverbères et que les voitures

font en passant ce chuintement de caoutchouc

qui rappelle le roulement

des vagues et que dans ce qu’il reste de silence

l’horloge enfonce les secondes oui

les secondes non

et que donc je demeure au monde

ordinaire

1er septembre

sur le boulevard les pages des marronniers roussissent les premières et de leur fouillis sans éclat tombent les fruits dont la bogue se fend dans le choc avec le sol, libérant pour quelques instants car vite il ternit l’œil brillant que porte sur le monde le marron nouveau, puis flambe le grand ouvrage frémissant des platanes, du moins ce qu’en ont laissé les touffeurs et les grêles de l’été qui ont précocement jonché les trottoirs de feuilles vivantes

les mots liaient les jours les

tissaient même si bien

qu’on s’en enveloppait avec

volupté