
Archives de l’auteur : frederic teillard
8 décembre
garder aux pieds fourbus des chemins caillouteux
des bas-côtés des routes vrombissantes
des sentiers escarpés des parquets cirés
des champs boueux des vallées enneigées
des sables qui se dérobent des
flâneries
des trottoirs talonnés
garder aux pieds empoussiérés
glacés
trempés
meurtris
foulés
garder le souvenir des pieds charnus de toutes les pensées
qui jamais encore n’ont
marché
Par où cela va-t-il venir?

5 décembre
on arpente le terrain des
consternations des colères on
y trouve parfois
quelques centiares de joie
ou l’espérance que finissent
les jours sans fin
Faufiler l’indicible


27 novembre
ma bouche animal prudent
comme obstiné
sous tes cheveux cherche le creux
où se coule ton épaule
se perd ton cou
et que d’un trait garde
ta clavicule
mes lèvres y soupirent ces mots
triste et lasse n’est pas la chair
mais suppliante désarmée
Liberté de manger penser

26 novembre
ne fouler que des sols brûlés où les pieds
sitôt posés
dans ce grésillement fleuri
qui rappelle l’oubli des
poèmes appris
avec le rougissant désir
de la ferveur
s’évaporent comme des baisers le corps
entier le corps
Que faire des verticales

25 novembre
| les engoulevents disparus
les coqueli les hannetons cots et l’âme en nage tout entière à la décharge des matières aux poètes fortunément des noms de charcuterie restèrent |
même triste démesurémentplongerla main dans la pochepasserentre les doigtsle centimètre de joie
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