20 juillet

dans le clapotis confus des choses mortes le poème entrebâille

un peu plus largement le présent du silence aussi

je vous salue mes pivoines fanées peau de mes pêches squelette de mes

sardines et je vous rends un hommage ultime

en traçant de toute ma possible précision le geste par lequel

je vous balance à la poubelle

16 juillet

(dans la salle d’inquiétude du cabinet

d’imaginerie médicale)

voir d’un coup de néons dans l’œil

la fragilité des corps et l’embrasser

embrasser la promesse de catastrophe

—   que serrer de plus sûr contre soi —

l’embrasser jusqu’au large aux eaux

profondes où rien ne modère

l’abandon — que faire souffle retenu

de plus juste de ses lèvres de ses bras

notre grandeur aux deux bouts
l’un désirer quoi qu’il en coûte
la vérité l’autre ne pas vouloir
savoir