5 juillet

ta douleur tu la nommas d’abord clou magnifique
il te ficherait en croix sous le regard sans solution des temps
puis cheval animal écarlate
il t’emporterait aux altitudes verdoyantes de la joie
puis source enfin révélée du Nil de tous les chants
elle t’apprendrait le cantique des carpes
mais elle n’était rien de cela
seulement ta douleur
un empêchement
à ramasser ta cuiller
tombée à terre

3 juillet

désirer dire
qu’au cœur de la bibace
une fois du tranchant des ongles tirée la peau
orange et duvetée
et du bout des lèvres ou des dents la chair juteuse
fraîche et acidulée
apparaissent de si gros pépins
qu’on dirait des noyaux
dont la souple écorce d’un brun chaud luisant de suc et de salive
fendue
révèle une chair jaune pâle et acide
mate et dure
(les traités de botanique apprennent qu’elle contient
de l’acide cyanhydrique
si toxique
qu’à faible dose déjà
mortel)
mais jeter l’éponge