27 juin

rien d’autre ici qu’un art

poétique

accru chaque matin dès avant l’aube du

petit peuple désespoir ou joie

selon qui le premier se lève et

se présente à qui dit je rien

qui n’est pas rien qu’un art

de vivre poétique

et de mourir sur le bûcher

de quelques mots liés en fagots

 

stances

résistance

quotidienne

à l’effacement

des vivants

 

dans la cabane
à l’abri à
l’affût
 

 

 

 

 

 

24 juin

dix à vingt mots tramés avec application suffisaient à produire ce soulagement pareil à celui qui naît de l’atténuation d’une douleur, de l’apaisement d’une démangeaison, de la distraction d’un souci ou peut-être plus exactement encore de l’acquiescement à une peine — aussi pourquoi dire davantage puisque le silence, à nouveau, devenait habitable  

la chaleur la basse continue mes rêveries

où bâillent des robes la mélodie


 

10 juin

et dans les verticales invisibles des sentiments
à l’arrêt

avant la coulée

se tient la possibilité de rien

ou du poème

une envolée

parfois suivie d’un coup de feu

ce qui me tient à cœur lorsque je lis, ce n’est pas de comprendre et d’ailleurs, souvent, je me satisfais très bien d’une certaine bêtise, mais d’être à l’écoute des mots que touchent et réveillent en moi ceux que je lis, un peu comme il arrive dans des contes, qu’un personnage par un baiser en ranime un autre, tombé depuis longtemps sous l’effet d’un mauvais sort en léthargie : alors, lire ne compte plus, seul écrire importe