
Archives de l’auteur : frederic teillard
26 janvier
| il me vient que je n’ai rien dit de la brume qui
enveloppait hier matin du dedans les rues de Paris |
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| puis peu à peu s’est dissipée
(comme d’un enfant la blondeur) rendant à la ville ses verticales intégrales |
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Pour l’enfance

18 janvier
à Malou
te fîmes naître au temps des glaces défaites
des grands feux
des gouvernants sans gouvernail
des mers de larmes de plastiques de noyés
où la dent vorace de l’homme mordait
même au ciel
naître au craquement des peuples
dans le silence aux deux bouts
de l’espérance
déposâmes ta vie joyeux et pleins
de souffles suspendus
sur le versant que craignions
parmi les humains augmentés
d’inhumanité
les bougies des bêtes éteintes
et les arbres pliant
écorce et branchages
te fîmes naître entre sauve
qui peut repliement
résistance allant
dans la paille odorante et dorée de l’allégresse
inquiète de l’amour
Le moment de dire non

14 janvier
salut Paris
les platanes de la République effeuillée
les foules des colères souterraines
les impatients dans leur exosquelette de plastique et de verre Securit
les trottinettes montées par d’indomptables individualistes
salut les feux au rouge les sens interdits
salut Paris
la suspension de l’incrédulité devant les policiers armés comme une armée
salut la vallée de l’étrange
la Seine des poètes engloutis
le pouvoir au bout du bout de la laisse de ses chiens
les yeux avides les bras longs
salut la cancéreuse et l’incertaine à séparer le faux du vrai
salut Paris
un soir d’avril ce qui fléchait ton ciel a pris feu
mais les ponts relient toujours les rives de mémoire et d’oubli
et sur le parvis blond de l’opéra dansent les ballerines en grève
et de Bastille à la Nation la mer
est poissonneuses d’espérances
politiques amoureuses
On disait venu le temps de briser le vent

13 janvier
à nouveau te voici
cloué de travers
aux planches de ton lit
cherchant l’unité
de mesure de ta déchirure
seul avec les chiens de lune
que le fouet
les chairs attendrit
et ne sachant pas plus
mordre que démordre
ire que désir
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6 janvier
plus que faire ne sait
la poésie
de ses sapins
de Noël
et de sa viande
de boucherie
car ont les banquises du temps
où l’on coupait les arbres
à la pelle
et emmanchait
les animaux
au couteau
fondu
